Rustique, endurant et presque sauvage, l'Asturcón est l'une des plus anciennes races de la péninsule Ibérique. Découvrez son histoire.
L’Asturcón est une race de poney autochtone de la principauté des Asturies, dans le nord-ouest de l’Espagne. Son nom fait directement référence à cette région montagneuse, caractérisée par un climat humide, des pâturages d’altitude et des terrains accidentés.
De petits chevaux élevés dans les territoires asturiens sont mentionnés depuis l’époque romaine. Au fil des siècles, l’Asturcón s’est adapté aux conditions exigeantes des montagnes du nord de l’Espagne. Cet environnement a favorisé le maintien d’un poney de petit format, rustique, sobre et capable de vivre en élevage extensif.
À la fin du XXe siècle, les effectifs de l’Asturcón étaient devenus très faibles. Un programme organisé de sauvegarde a été engagé à partir de 1979, avec la constitution d’une association d’éleveurs consacrée à sa préservation. Aujourd’hui, la gestion du livre généalogique, le suivi des lignées et l’élevage dans son environnement traditionnel contribuent à maintenir ce patrimoine équin des Asturies.
L’élevage de l’Asturcón reste principalement concentré dans la principauté des Asturies, son territoire d’origine dans le nord-ouest de l’Espagne. La race est présente dans l’ensemble des municipalités asturiennes, avec des animaux élevés aussi bien dans des exploitations encadrées que dans des systèmes extensifs en montagne.
Les reliefs, le climat humide et les pâturages naturels de la région correspondent à l’environnement dans lequel ce poney a développé sa rusticité et sa capacité à valoriser une végétation parfois difficile d’accès.
En 2019, le programme officiel de conservation recensait 2 444 Asturcóns dans les Asturies, sur un total national de 2 759 animaux enregistrés. La très grande majorité de la population demeurait donc implantée dans son berceau historique.
L’élevage extensif contribue à entretenir les pâturages de montagne et participe au maintien d’une activité agricole dans certains territoires ruraux confrontés au dépeuplement.
La race est également élevée dans plusieurs autres communautés autonomes espagnoles. Des effectifs plus réduits étaient notamment recensés en Castille-et-León, Cantabrie, Galice, Estrémadure, Catalogne, Andalousie, Madrid, dans la Communauté valencienne et aux îles Baléares.
Cette diffusion nationale reste secondaire par rapport au noyau asturien. Les Asturies demeurent le principal centre d’élevage, de sélection et de conservation de la race.
L’Asturcón constitue une ressource génétique importante du patrimoine équin espagnol. Son intérêt repose principalement sur la conservation d’une population de poneys historiquement adaptée aux conditions montagneuses et humides des Asturies. Sa rusticité, sa capacité à valoriser des pâturages difficiles et son adaptation à l’élevage extensif représentent des caractéristiques qu’il est important de préserver.
À la création du programme organisé de sauvegarde en 1979, la population recensée ne comptait plus que 23 animaux appartenant à quatre éleveurs. Ce faible effectif historique constitue un enjeu majeur pour le maintien de la diversité génétique et la limitation de la consanguinité.
Le programme de conservation analyse les relations généalogiques entre les reproducteurs afin de proposer des accouplements adaptés. Il cherche notamment à maintenir les différentes lignées paternelles fondatrices et à éviter qu’un nombre limité d’étalons ne prenne une place excessive dans la population.
La préservation de l’Asturcón repose sur le maintien des animaux dans les élevages et dans leur environnement traditionnel. Cette conservation in situ est complétée par une conservation ex situ, notamment grâce au stockage de semence de reproducteurs dans une banque de germoplasme.
Au cours du Moyen Âge, l’Asturcón aurait connu une période de développement important, avec plusieurs milliers d’animaux répartis dans les Asturies. Son petit format, sa force et son adaptation au relief local en faisaient un auxiliaire utile pour les travaux agricoles, l’élevage et les déplacements.
Le programme de conservation indique également que des Asturcóns furent exportés en Irlande au XVe siècle. À une époque plus récente, certains furent employés à Paris pour tirer de petites voitures. Jusqu’au recul de la traction animale, des poneys asturiens étaient aussi recherchés dans le Pays basque et dans l’est de l’Espagne pour effectuer des travaux agricoles, notamment dans les orangeraies.
Après la guerre civile espagnole, les effectifs diminuèrent fortement. L’abandon progressif de la traction animale, la mécanisation de l’agriculture et certaines politiques de reboisement réduisirent les espaces et les usages traditionnellement associés à la race.
Quelques populations isolées subsistèrent dans des secteurs difficiles d’accès. Des noyaux furent notamment conservés dans la Sierra del Sueve, à l’est des Asturies, ainsi que dans plusieurs massifs montagneux de l’ouest de la région.
En 1979, lors de la création de l’Association régionale des éleveurs de chevaux de race Asturcón, la population suivie ne comptait plus que 23 animaux appartenant à quatre éleveurs. Cette situation critique marqua le début d’un programme structuré de récupération de la race.
L’organisation devint ensuite l’actuelle Association des éleveurs de poneys de race Asturcón, ou ACPRA. Elle assure la gestion du livre généalogique, le suivi des reproducteurs, la préservation des lignées et la promotion de la race.
En 2012, l’ACPRA a été officiellement reconnue pour assurer la tenue du livre généalogique et mettre en œuvre le programme d’amélioration et de diffusion. Un nouveau programme de conservation, adapté au cadre zootechnique européen et espagnol, a été approuvé en 2021.
L’Asturcón demeure aujourd’hui une race à conserver. Sa sauvegarde repose sur l’élevage dans son environnement traditionnel, le suivi de la diversité génétique, les recommandations d’accouplement et la conservation de matériel reproductif dans une banque de germoplasme.
Le standard officiel décrit l’Asturcón comme un poney doté d’un bon caractère et d’une disposition docile. Lorsqu’il est correctement manipulé et éduqué, il peut être employé sous la selle, pour le loisir ou pour la traction légère.
Cette docilité ne doit cependant pas être confondue avec une absence de sensibilité. Les animaux élevés de manière extensive ou ayant été peu manipulés peuvent se montrer prudents face à l’être humain et nécessiter un débourrage progressif.
L’Asturcón est particulièrement adapté à la vie dans les reliefs montagneux des Asturies. Son élevage extensif a favorisé un comportement autonome, une bonne capacité d’adaptation et une attention constante à son environnement.
Il se déplace avec agilité sur les terrains accidentés et sait valoriser des pâturages exposés à des conditions climatiques difficiles. Les juments peuvent mettre bas et élever leurs poulains en extérieur avec relativement peu d’intervention humaine lorsque les conditions d’élevage sont adaptées.
Sa rusticité et sa constitution solide peuvent en faire un partenaire intéressant pour la randonnée, le loisir et certaines activités sportives sur poney. Comme pour toute race, le comportement varie cependant selon l’individu, son mode d’élevage, son niveau de manipulation et la qualité de son apprentissage.
Un Asturcón issu d’un troupeau semi-liberté peut demander davantage de temps et de régularité lors de sa mise au travail qu’un poney manipulé depuis sa naissance.
L’avenir de l’Asturcón repose avant tout sur la conservation de sa diversité génétique. Malgré la progression de ses effectifs depuis la situation critique observée à la fin des années 1970, la race demeure issue d’une population fondatrice réduite. Le contrôle de la consanguinité, le maintien des différentes lignées et le choix raisonné des reproducteurs restent donc essentiels.
Le programme de conservation prévoit l’analyse des relations généalogiques et l’élaboration de recommandations d’accouplement. Il cherche également à conserver au moins un reproducteur représentatif de chaque lignée paternelle fondatrice au fil des générations.
La valorisation de l’Asturcón pour le loisir, la randonnée, la selle et le sport sur poney peut contribuer à maintenir l’intérêt des éleveurs et à créer des débouchés durables. Ce développement doit toutefois respecter son modèle, sa rusticité et ses caractéristiques traditionnelles, sans orienter la sélection vers un type trop éloigné du standard racial.
Les concours morphologiques, la formation des éleveurs et la publication de catalogues de reproducteurs participent également à la promotion et à l’amélioration raisonnée de la race.
L’élevage extensif de l’Asturcón peut contribuer à l’entretien des pâturages de montagne, à la limitation de l’embroussaillement et au maintien d’une activité agricole dans des zones rurales touchées par le dépeuplement. Cette fonction environnementale constitue une perspective importante pour renforcer l’utilité économique et territoriale de la race.
La conservation des animaux dans leur environnement traditionnel est complétée par le stockage de semence dans une banque de germoplasme. Cette stratégie offre une garantie supplémentaire face à une réduction des effectifs ou à la disparition éventuelle de certaines lignées.
Les perspectives sont donc favorables si la progression de la population s’accompagne d’un suivi génétique rigoureux, d’une diversification prudente des usages et du maintien d’un nombre suffisant d’éleveurs engagés.
L’Asturcón est une race rustique, adaptée au climat humide, aux pâturages de montagne et aux terrains accidentés des Asturies. Le programme officiel de conservation souligne sa capacité à vivre en élevage extensif, à valoriser une végétation peu accessible et à élever ses poulains dans des conditions climatiques parfois difficiles.
Cette adaptation ne dispense toutefois pas d’un suivi vétérinaire, d’une alimentation équilibrée, d’un contrôle parasitaire et d’un entretien régulier des pieds.
Les sources officielles consultées ne signalent pas de maladie génétique propre à l’Asturcón. Il serait donc incorrect de lui attribuer une prédisposition héréditaire particulière sans publication vétérinaire ou étude génétique dédiée.
Comme les autres équidés, il peut être concerné par des affections courantes, mais celles-ci ne doivent pas être présentées comme caractéristiques de la race.
Le principal enjeu sanitaire et génétique concerne l’histoire démographique de la race. En 1979, le programme de sauvegarde ne recensait plus que 23 animaux appartenant à quatre éleveurs. Cette population fondatrice réduite peut favoriser une augmentation de la consanguinité si les accouplements ne sont pas correctement planifiés.
Le programme de conservation analyse donc les relations généalogiques, surveille l’évolution de la diversité génétique et recommande des accouplements destinés à limiter la consanguinité.
L’Asturcón est adapté à des ressources fourragères relativement modestes. Lorsqu’il est élevé sur des pâturages riches ou reçoit une alimentation trop énergétique par rapport à son activité, son état corporel doit être surveillé. Cette précaution relève de la gestion générale des poneys rustiques et ne constitue pas une maladie propre à l’Asturcón.