COMMENT FONCTIONNE LA GÉNÉTIQUE DES ROBES CHEZ LE CHEVAL ?

Cheval pie bai de profil, avec une large marque blanche sur l’encolure.

Illustration d’un motif pie tobiano sur une robe bai.

La couleur d’un cheval n’est pas le fruit du hasard. Elle repose sur un petit nombre de mécanismes génétiques qui déterminent la production des pigments, la répartition des couleurs sur le corps, et la présence éventuelle de motifs blancs ou tachetés. Même si la génétique peut sembler complexe, les bases sont relativement simples à comprendre : toutes les robes dérivent d’un petit nombre de combinaisons fondamentales, que d’autres gènes viennent ensuite modifier.


1. Deux pigments à l’origine de toutes les robes

Le pelage des chevaux est composé d’une combinaison de deux pigments :

Chaque cheval produit ces pigments en proportions différentes. La génétique détermine si un pigment peut être produit, ainsi que il apparaît sur le corps.


2. Trois robes de base : alezan, bai, noir

Le système repose principalement sur deux gènes essentiels.


2.1 Le gène qui décide de la présence du noir

Un premier gène détermine si le cheval peut produire de l’eumélanine (pigment noir).

S’il ne peut pas, la robe est automatiquement alezane.

S’il le peut, la robe peut être noire ou baie, selon l’action d’un second gène.


2.2 Le gène qui répartit le noir

Un deuxième gène contrôle l’emplacement du pigment noir :

Ces deux gènes suffisent à expliquer la base de toutes les robes avant toute modification.


3. Les gènes qui modifient la robe de base

Une fois la couleur fondamentale déterminée (alezan, bai ou noir), d’autres gènes peuvent agir dessus en l’éclaircissant, en la décolorant progressivement ou en ajoutant des motifs particuliers.


3.1 Le gène Gris

Le cheval naît avec sa couleur normale, puis blanchit progressivement au fil des années.

La robe de base reste présente génétiquement, mais elle n’est plus visible.


3.2 Le gène Crème

Ce gène éclaircit la robe de manière partielle ou très prononcée selon qu’il est présent une ou deux fois.

Il est responsable de robes telles que :


3.3 Le gène Dun

Il éclaircit le corps tout en conservant des marques primitives :

Il produit des robes typiques comme le grullo ou le red dun.


3.4 Autres dilutions

Certaines races présentent d’autres dilutions reconnues :


4. Les motifs blancs et les robes pie

Les motifs blancs, qu’ils soient discrets ou très étendus, sont déterminés par d’autres gènes. Ils ne modifient pas la robe de base, mais ajoutent des zones dépourvues de pigments.


4.1 Pie tobiano

Grandes plages blanches bien délimitées, souvent symétriques et passant au-dessus de la ligne du dos.


4.2 Sabino

Bords blancs plus irréguliers, souvent avec des balzanes hautes et un excès de blanc sur le ventre.


4.3 Dominant White

Gamme très large de motifs, allant de marques étendues à un corps presque entièrement blanc.


4.4 Roan

Mélange régulier de poils blancs et de poils colorés, sans toucher la tête ni les extrémités.


4.5 Motifs tachetés de type appaloosa

Ces motifs sont provoqués par un groupe de gènes distincts et donnent des robes léopard, blanket, snowflake, etc.


5. Transmission des robes : quelques principes simples

Même si chaque accouplement peut conduire à plusieurs possibilités, certaines règles reviennent souvent :

Comprendre ces bases permet déjà d’anticiper la plupart des combinaisons sans entrer dans des calculs complexes.


6. L’intérêt des tests génétiques

Des laboratoires proposent aujourd’hui des tests permettant de déterminer :

Ces tests facilitent la sélection, la préservation de certaines races, et l’interprétation des robes atypiques.


Même si la diversité des robes peut sembler immense, leur fonctionnement repose sur un ensemble cohérent et relativement réduit de gènes. Les trois robes de base — alezan, bai et noir — constituent l’ossature de ce système. Les dilutions, motifs blancs et gènes spécifiques n’en sont que des variations.

Avec une compréhension simple de ces mécanismes, il devient possible d’identifier précisément une robe, de comprendre son origine, et de mieux appréhender les spécificités génétiques propres à chaque race.


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