COMMENT FONCTIONNE LE SYSTÈME IMMUNITAIRE DU CHEVAL ?

Illustration d’un cheval entouré de représentations stylisées de cellules immunitaires et de germes.

Schéma simplifié du système immunitaire du cheval, avec cellules et agents pathogènes illustrés.

Le système immunitaire du cheval joue un rôle essentiel dans sa survie : il protège l’organisme contre les agents pathogènes (bactéries, virus, parasites, champignons) tout en maintenant un équilibre délicat entre défense et tolérance. Comprendre son fonctionnement permet de mieux appréhender la santé équine, d’anticiper certaines vulnérabilités et de saisir l’importance des soins préventifs.

1. Les deux grandes composantes du système immunitaire

Le cheval, comme les autres mammifères, possède deux niveaux de défense complémentaires.


1.1 L’immunité innée : la première ligne de défense

Elle agit rapidement, dès que le cheval est exposé à un agent infectieux.

Elle comprend :

Cette immunité n’est pas spécifique : elle reconnaît des motifs communs à de nombreux microbes.


1.2 L’immunité adaptative : la réponse ciblée

Elle se met en place plus lentement, mais elle est précise et durable.

Elle repose sur :

C’est ce système qui permet au cheval d’acquérir une mémoire immunitaire, essentielle pour la protection à long terme, notamment après une vaccination.

2. Le rôle clé du colostrum dans l’immunité du poulain

Contrairement à l’humain, le poulain ne reçoit presque aucun anticorps avant la naissance : la barrière placentaire des équidés empêche leur passage.

Il naît donc avec un système immunitaire immature et dépend entièrement du colostrum (premier lait) pour recevoir :

Le poulain ne peut absorber efficacement ces anticorps que durant les 8 à 12 premières heures. Un apport insuffisant peut entraîner des infections sévères dans les premiers jours de vie.

3. Les organes essentiels du système immunitaire

Plusieurs organes travaillent ensemble pour assurer la défense contre les agents pathogènes.


3.1 La moelle osseuse

Lieu de production des cellules immunitaires (globules blancs, lymphocytes).


3.2 Le thymus

Très actif chez le jeune cheval, il éduque les lymphocytes T pour empêcher les réactions inappropriées.


3.3 La rate

Filtre le sang, élimine les microbes et active certains lymphocytes.


3.4 Les ganglions lymphatiques

Dispersés dans tout le corps, ils surveillent les tissus et déclenchent des réponses immunitaires locales.


3.5 Les plaques de Peyer et les tissus lymphoïdes du tube digestif

Importants pour les chevaux, dont le système digestif est volumineux et sensible.

4. Réponse immunitaire : comment réagit l’organisme du cheval ?

Lorsqu’un agent pathogène pénètre dans l’organisme, plusieurs étapes se succèdent.


4.1 Reconnaissance

Les cellules de l’immunité innée détectent la présence de l’intrus grâce à des récepteurs spécialisés.


4.2 Signalisation

Des messagers appelés cytokines activent l’inflammation, attirant les cellules immunitaires vers le site infecté.


4.3 Action


4.4 Mémoire immunitaire

Si le pathogen est rencontré à nouveau, la réponse est plus rapide et plus efficace.

5. Vulnérabilités du système immunitaire équin

Certains contextes fragilisent particulièrement la défense immunitaire :

Ces facteurs peuvent augmenter le risque d’infections respiratoires, digestives ou cutanées.

Conclusion

Le système immunitaire du cheval repose sur une architecture complexe associant défenses innées et adaptatives.

Son efficacité dépend de nombreux éléments : qualité du colostrum, hygiène de vie, alimentation, conditions de travail ou prévention sanitaire.

Comprendre son fonctionnement permet d’aborder la santé équine sous un angle plus global et d’apprécier l’importance de la prévention, de la vaccination, et d’un environnement adapté.