Première randonnée à cheval : comment la préparer ?

Préparez votre première randonnée à cheval : niveau, itinéraire, condition du cheval, équipement, sécurité, eau et erreurs à éviter avant le départ.

Par l’équipe éditoriale Chevaux du Monde · Publié le

L'Islande est réputée pour la randonnée équestre. - CC BY-SA 3.0 - Jóna Þórunn
L'Islande est réputée pour la randonnée équestre. - CC BY-SA 3.0 - Jóna Þórunn Source

Préparer sa première randonnée à cheval ne consiste pas seulement à choisir un joli chemin et à remplir quelques sacoches. Une sortie réussie dépend surtout de l’expérience du cavalier, de la condition physique du cheval, du terrain, de la météo et de la préparation du matériel.

Pour une première randonnée, l’objectif n’est pas de parcourir le plus de kilomètres possible. Il vaut mieux prévoir une sortie un peu trop facile qu’un itinéraire que le cheval ou le cavalier termineront difficilement.

Quel niveau faut-il pour une première randonnée à cheval ?

Être à l’aise à cheval… mais aussi en extérieur

Il n’existe pas de niveau unique permettant d’affirmer qu’un cavalier est prêt à randonner. Les compétences nécessaires dépendent du cheval, de la durée de la sortie, du terrain et de l’encadrement.

Pour partir de manière autonome, le cavalier doit notamment pouvoir diriger son cheval, contrôler son allure et l’arrêter. Il doit également rester suffisamment équilibré sur un terrain irrégulier et savoir gérer ses distances avec les autres chevaux.

L’extérieur ajoute des situations que l’on rencontre moins souvent en carrière : voitures, tracteurs, vélos, chiens, animaux sauvages, flaques, branches basses, fossés ou passages étroits.

Pour une première expérience, partir avec un cheval déjà habitué à l’extérieur et une personne expérimentée permet d’éviter de cumuler les difficultés. Une randonnée encadrée par un professionnel constitue également une bonne solution pour découvrir la discipline.

Comment choisir son premier itinéraire de randonnée ?

Ne pas raisonner uniquement en kilomètres

La distance ne suffit pas à déterminer la difficulté d’une randonnée. Dix kilomètres sur des chemins plats et stables ne représentent pas le même effort que dix kilomètres avec un fort dénivelé, des sols pierreux, de la boue ou de nombreuses portions goudronnées.

Il n’existe donc pas de nombre de kilomètres idéal valable pour tous les chevaux. Le terrain, le dénivelé, la météo, l’état des pieds et l’entraînement doivent également entrer dans la décision.

Pour une première randonnée, mieux vaut rechercher :

  • un itinéraire connu ou correctement documenté ;
  • peu de passages techniques ;
  • des portions routières limitées ;
  • une possibilité de raccourcir la boucle ;
  • des points d’eau identifiés si la durée de la sortie le nécessite ;
  • un tracé disponible hors connexion.

Utiliser des itinéraires équestres documentés

La Fédération française d’équitation (FFE) propose GeoCheval, une carte consacrée aux itinéraires de tourisme équestre en France.

La FFE précise que les itinéraires valorisés sur GeoCheval répondent à différents critères de qualité. L’outil permet également d’obtenir, selon les parcours, des informations utiles à leur préparation.

Utiliser un itinéraire documenté ne dispense cependant pas de vérifier son état avant le départ. Une crue, des travaux forestiers, une clôture ou un arbre tombé peuvent rendre temporairement impraticable un chemin habituellement accessible.

Vérifier le droit de passage

Un chemin visible sur une carte ou une application GPS n’est pas nécessairement ouvert aux cavaliers. Certains passages peuvent traverser des propriétés privées ou faire l’objet de restrictions locales ou temporaires.

Il faut donc vérifier l’accessibilité équestre du parcours et ne pas considérer une ancienne trace GPS comme une autorisation de passage.

Préparer physiquement le cheval à la randonnée

Augmenter progressivement l’effort

Un cheval qui vit au pré n’est pas automatiquement préparé à porter un cavalier pendant plusieurs heures sur des terrains variés.

Dans ses ressources consacrées à l’entraînement du cheval, l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE) rappelle l’importance d’une préparation progressive et adaptée au cheval.

La préparation à une randonnée peut donc augmenter progressivement :

  • la durée des sorties ;
  • le dénivelé ;
  • la variété des sols ;
  • le temps passé au pas ;
  • les sorties en groupe ;
  • les situations rencontrées en extérieur.

Cette progression doit rester individuelle. L’âge du cheval, sa santé, sa condition physique, ses pieds et le niveau d’effort prévu modifient considérablement ce qu’il peut raisonnablement effectuer.

Une boiterie, une blessure, une douleur, un abattement ou un comportement inhabituel doivent conduire à reporter la randonnée plutôt qu’à maintenir le programme prévu.

Habituer le cheval aux situations rencontrées dehors

La condition physique ne suffit pas. Un cheval peut travailler régulièrement en carrière tout en étant peu préparé aux situations rencontrées en extérieur.

Avant une randonnée, il est utile de l’habituer progressivement :

  • aux voitures et engins agricoles ;
  • aux vélos ;
  • aux chiens ;
  • aux passages d’eau ;
  • aux changements de sol ;
  • aux branches basses ;
  • aux passages étroits ;
  • à l’attente derrière d’autres chevaux ;
  • à l’éloignement temporaire du groupe.

Ces apprentissages doivent rester progressifs. Il ne s’agit pas de provoquer volontairement une forte peur pour « désensibiliser » le cheval, mais de lui permettre de découvrir différentes situations dans un contexte maîtrisé.

Pour une première randonnée, faire découvrir simultanément l’extérieur au cavalier et au cheval augmente inutilement la difficulté.

Contrôler les pieds avant le départ

Les pieds sont particulièrement sollicités lorsque le cheval évolue plusieurs heures sur des terrains variés.

Avant le départ, il faut contrôler les sabots et vérifier que le parage, la ferrure ou les éventuelles hipposandales correspondent au cheval et au terrain prévu.

Une protection neuve doit être essayée lors de sorties plus courtes avant la randonnée afin de vérifier sa tenue et l’absence de frottements.

Un cheval n’a pas nécessairement besoin d’être ferré pour randonner. Certains chevaux randonnent pieds nus, d’autres sont ferrés ou utilisent des hipposandales. Le choix dépend notamment du cheval, de ses pieds, du terrain et du travail demandé.

Vérifier la selle et les sacoches

Ne pas tester une nouvelle selle le jour du départ

La selle, le tapis, la sangle et la briderie doivent être adaptés au cheval et déjà testés avant la randonnée.

Plus une sortie est longue, plus un petit problème d’ajustement ou de frottement peut devenir important. Avant de partir, il est utile de contrôler les coutures, les contre-sanglons, les étrivières, les boucles et les différents systèmes d’attache.

Équilibrer les sacoches

Les sacoches doivent être correctement fixées afin de ne pas ballotter contre le cheval. Leur poids doit également être réparti de manière équilibrée entre les deux côtés.

Il faut rester prudent face aux règles affirmant qu’un cheval peut systématiquement porter un pourcentage précis de son poids. La capacité de portage ne dépend pas uniquement d’un ratio : la morphologie du cheval et du cavalier, la condition physique, la selle, le terrain, les allures et la durée de l’effort interviennent également.

Pour une première sortie à la journée, voyager léger simplifie considérablement l’organisation.

Prévoir l’eau et tenir compte de la chaleur

Anticiper les besoins en eau

L’abreuvement doit être anticipé avant le départ. Une rivière ou un abreuvoir indiqué sur une ancienne carte peut être inaccessible, à sec ou présenter une eau dont la qualité est incertaine.

Les ressources de l’IFCE consacrées au coup de chaleur chez le cheval montrent notamment que les pertes hydriques liées à la transpiration peuvent devenir considérables lors d’un effort, particulièrement lorsque les conditions sont chaudes et humides.

Ces données ne correspondent évidemment pas aux pertes systématiques d’un cheval pendant une promenade tranquille. Elles montrent surtout pourquoi la température, l’humidité et l’intensité de l’effort doivent être prises en compte lors de la préparation d’une randonnée.

Le ministère de l’Agriculture rappelle également que les besoins en eau des équidés varient fortement selon les conditions de vie et l’activité.

Adapter la randonnée lorsqu’il fait chaud

L’IFCE identifie notamment les chevaux peu ou pas entraînés soumis à un exercice physique parmi les animaux davantage exposés au coup de chaleur.

Lorsqu’il fait chaud, il faut donc adapter l’intensité de la randonnée, prévoir l’abreuvement et surveiller attentivement la récupération du cheval.

Une respiration qui reste anormalement élevée, une forte fatigue, une locomotion inhabituelle ou un changement marqué de comportement doivent conduire à interrompre l’effort et à évaluer la situation.

Quel équipement emporter pour une randonnée à cheval ?

Pour le cavalier

Pour une sortie simple à la journée, il est utile de prévoir :

  • un casque d’équitation correctement ajusté ;
  • des chaussures adaptées à l’équitation ;
  • de l’eau potable ;
  • une collation ;
  • un téléphone chargé ;
  • une batterie externe si nécessaire ;
  • une protection contre la pluie, le froid ou le soleil ;
  • une carte ou une trace disponible hors connexion ;
  • une petite trousse de premiers secours.

Le téléphone devrait rester sur le cavalier plutôt qu’uniquement dans les sacoches du cheval. En cas de chute suivie du départ de la monture, il reste ainsi accessible.

Pour le cheval

Selon le parcours et l’équipement utilisé, on peut également prévoir :

  • un licol et une longe ;
  • une trousse de premiers secours adaptée ;
  • un petit nécessaire permettant de réparer temporairement le matériel ;
  • les protections de pieds habituellement utilisées ;
  • du matériel réfléchissant lorsque la visibilité le nécessite.

Les médicaments vétérinaires ne doivent pas être administrés au hasard. Pour constituer une trousse adaptée au cheval et savoir comment réagir face aux blessures les plus courantes, il est préférable d’en discuter auparavant avec son vétérinaire.

Circuler à cheval sur la route : que dit la loi ?

Les portions routières doivent être limitées autant que possible sur un premier itinéraire, particulièrement lorsqu’il s’agit de routes rapides ou fréquentées.

En France, plusieurs dispositions du Code de la route concernent directement la conduite des animaux.

L’article R412-44 du Code de la route prévoit que tout animal isolé ou en groupe doit avoir un conducteur.

La section du Code de la route consacrée à la circulation des animaux précise également les conditions de circulation sur la chaussée, notamment le maintien des animaux près du bord droit lorsque les conditions le permettent et l’obligation de ne pas entraver la circulation.

Respecter le Code de la route ne signifie cependant pas qu’une route est adaptée à une randonnée. Pour une première sortie, mieux vaut limiter autant que possible les portions fréquentées par les véhicules.

Ne pas dépendre uniquement du GPS

Un téléphone peut tomber, manquer de batterie ou perdre sa connexion au réseau. Il est donc préférable de télécharger son tracé avant le départ et de connaître les principaux points de passage.

GeoCheval permet notamment de consulter des itinéraires équestres documentés en France. Mais aucune application ne remplace l’observation du terrain.

Si le chemin indiqué par le GPS est fermé, dangereux ou devenu impraticable, la trace numérique ne doit jamais pousser à poursuivre coûte que coûte.

Prévenir quelqu’un avant de partir

Avant une randonnée, une personne restée à terre devrait connaître :

  • l’itinéraire prévu ;
  • le lieu de départ ;
  • les personnes présentes ;
  • l’heure approximative du retour.

Si le parcours change fortement en cours de route, il est utile de l’en informer lorsque le réseau le permet.

Le partage de localisation constitue une sécurité supplémentaire, mais il ne remplace ni un itinéraire préparé ni les informations laissées avant le départ.

Surveiller son cheval pendant la randonnée

Une randonnée préparée sur une carte reste un projet : elle peut être raccourcie.

Au cours de la sortie, il faut observer la locomotion, la respiration, la transpiration, l’attitude générale et la récupération du cheval.

Le pas occupe naturellement une place importante en randonnée. Les allures supérieures ne devraient être utilisées que lorsque le terrain, la visibilité et le contrôle des chevaux le permettent.

Si le cheval montre une gêne, une fatigue inhabituelle ou une modification de sa locomotion, continuer uniquement parce que l’arrivée est proche n’est pas une bonne raison. Il faut s’arrêter, évaluer la situation et, si nécessaire, interrompre la sortie.

Que vérifier après une randonnée ?

La randonnée ne se termine pas au moment de descendre de cheval.

Après avoir dessellé, il est utile de contrôler :

  • le dos et le passage de sangle ;
  • les membres ;
  • les pieds ;
  • les éventuels frottements ;
  • la locomotion ;
  • la récupération générale.

Le cheval doit pouvoir s’abreuver et retrouver progressivement ses conditions habituelles.

Le matériel mérite également un contrôle. Une couture fragilisée, une étrivière abîmée ou une fixation de sacoche qui commence à céder pourra ainsi être réparée avant la prochaine sortie.

Les erreurs à éviter pour une première randonnée

Choisir une distance trop ambitieuse

Il n’est pas nécessaire de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour faire une véritable randonnée. Une première sortie doit surtout permettre d’apprendre comment le cheval et le cavalier réagissent après plusieurs heures en extérieur.

Cumuler les nouveautés

Une nouvelle selle, de nouvelles sacoches, un cheval inexpérimenté et un parcours inconnu constituent beaucoup de nouveautés pour une seule journée.

Tester progressivement le matériel et les situations permet de réduire les imprévus et de comprendre plus facilement l’origine d’un problème lorsqu’il apparaît.

Partir seul sans expérience

Un cavalier expérimenté peut randonner seul lorsqu’il connaît et accepte les contraintes correspondantes. Pour une première randonnée, être accompagné permet de partager la navigation et de bénéficier d’une aide supplémentaire en cas d’incident.

Vouloir absolument terminer le parcours

Un itinéraire prévu n’est jamais une obligation. Si la météo change, si le terrain devient impraticable ou si le cheval montre des signes de fatigue ou de douleur, raccourcir la randonnée ou faire demi-tour est une décision raisonnable.

Réussir sa première randonnée à cheval

Une bonne première randonnée repose finalement sur quelques principes simples : un cheval préparé, un cavalier suffisamment autonome, du matériel déjà testé, un itinéraire raisonnable et une marge de sécurité.

Il n’est pas nécessaire de commencer par une longue randonnée ou un bivouac. Une sortie de quelques heures permet déjà d’apprendre beaucoup sur le comportement du cheval en extérieur, le matériel réellement utile et la gestion de l’effort.

Les sorties plus longues pourront venir progressivement, lorsque le cheval et le cavalier auront acquis davantage d’expérience.

Le meilleur indicateur d’une première randonnée réussie n’est donc pas le nombre de kilomètres enregistré par le GPS, mais un cheval qui récupère normalement et un cavalier qui est resté capable de gérer sa monture et les imprévus jusqu’au retour.

Questions fréquentes sur une première randonnée à cheval

Peut-on faire une randonnée à cheval lorsqu’on débute ?

Oui, à condition de choisir une sortie réellement adaptée. Pour un débutant, une randonnée encadrée avec un cheval expérimenté est beaucoup plus appropriée qu’un départ autonome.

Combien de kilomètres prévoir pour une première randonnée ?

Il n’existe pas de distance universelle. Le terrain, le dénivelé, la météo, la durée, l’état des pieds et l’entraînement du cheval comptent autant que le nombre de kilomètres. Pour commencer, mieux vaut conserver une marge et prévoir la possibilité de raccourcir le parcours.

Peut-on partir seul pour sa première randonnée ?

Ce n’est généralement pas le choix le plus prudent. Être accompagné d’une personne expérimentée permet de ne pas avoir à gérer seul le cheval, l’orientation et un éventuel incident.

Faut-il ferrer un cheval pour partir en randonnée ?

Non, pas systématiquement. Certains chevaux randonnent pieds nus, d’autres sont ferrés ou portent des hipposandales. La protection nécessaire dépend du cheval, de ses pieds, du terrain et de son entraînement.

Que faire si le cheval semble très fatigué ?

Il faut interrompre l’effort dans un endroit sûr et observer notamment sa respiration, sa locomotion et son comportement. Si les signes sont importants, persistent ou évoquent notamment un coup de chaleur, un vétérinaire doit être contacté rapidement.

Sources et références


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