DENTISTE ÉQUIN : POURQUOI ET QUAND L’APPELER ?
Dentiste équin au travail : illustration au crayon montrant l’examen minutieux de la bouche d’un cheval.
La bouche du cheval est un espace complexe, en évolution permanente au fil de la mastication, de l’âge et du travail. Des dents qui poussent en continu, une mâchoire puissante, des contraintes alimentaires différentes de la vie sauvage… tout cela rend les soins dentaires indispensables. Faire appel à un dentiste équin n’est donc pas un luxe : c’est un élément essentiel du bien-être, de la performance et de la sécurité, pour le cheval comme pour le cavalier.
1. Pourquoi faire intervenir un dentiste équin ?
1.1 Les dents du cheval poussent en continu
Contrairement à l’humain, les dents du cheval s’usent et repoussent toute sa vie.
Si l’usure est irrégulière, des surdents ou pointes peuvent se former, provoquant :
- douleurs
- difficultés de mastication
- blessures des joues ou de la langue
1.2 Un bon équilibre dentaire améliore la mastication
Une mastication correcte est indispensable pour :
- broyer correctement les fibres
- éviter les coliques
- maintenir un bon état corporel
- limiter le gaspillage de foin et de grains
Un cheval qui mange lentement, trie ou laisse tomber sa nourriture a peut-être une gêne dentaire.
1.3 Une dentition équilibrée influence la locomotion
La bouche, la nuque, la mâchoire et le dos sont étroitement liés.
Des douleurs dentaires peuvent provoquer :
- un cheval qui se défend au contact
- une nuque rigide
- des difficultés à incurver
- un dos contracté
- un manque d’engagement
Un simple problème dentaire peut être confondu avec un “problème de dressage”.
1.4 Le confort du mors dépend aussi des dents
Même un mors parfaitement adapté (avec ou sans bit-fitting) devient inconfortable si :
- les surdents blessent les joues
- les dents de loup gênent
- la mâchoire est verrouillée
Un suivi dentaire régulier rend le contact plus stable et plus confortable.
2. Quels problèmes dentaires sont fréquents chez le cheval ?
Les principaux déséquilibres observés sont :
- surdents (pointes coupantes)
- dents de loup (petites dents gênant l’embouchure)
- crochets et surcrochets
- dents cassées
- diastèmes (espaces anormaux entre les dents)
- malocclusions
- infections des gencives
- usure irrégulière liée à un travail asymétrique
Ces problèmes ne se résolvent jamais seuls.
3. Signes qui doivent alerter
Un cheval peut exprimer une douleur dentaire de nombreuses façons :
Signes alimentaires
- fait tomber le grain
- mâche lentement
- gaspille beaucoup de foin
- joue avec la nourriture
- mâchonne anormalement
- salivation excessive
Signes comportementaux
- ouvre la bouche au travail
- secoue la tête
- refuse le contact
- défenses soudaines au mors
- crispation de la nuque
Signes généraux
- perte d’état
- mauvaise haleine
- coliques à répétition
- amas de foin recraché (quiddage)
Le cheval masque souvent sa douleur : mieux vaut intervenir avant d’en arriver là.
4. Quand appeler un dentiste équin ?
4.1 Cheval adulte en bonne santé
Tous les 12 mois pour un contrôle complet. Certains chevaux nécessitent un suivi tous les 6 mois.
4.2 Jeunes chevaux (2 à 5 ans)
Période critique : chute des dents de lait, mise en bouche.Rythme conseillé : tous les 6 mois.
4.3 Chevaux âgés (17 ans et +)
Risques accrus : dents fragiles, infections, perte de dents. Rythme conseillé : tous les 6 mois, voire plus si pathologies.
4.4 Avant le débourrage ou la mise au travail
Indispensable pour :
- éviter les défenses au mors
- garantir un bon apprentissage
- installer un contact sain dès le début
4.5 En cas de changement de comportement
Toute modification brusque du contact ou de la mastication doit mener à un contrôle.