LES SELLES SANS ARÇON : FONCTIONNEMENT, AVANTAGES ET LIMITES
À gauche, une selle sans arçon souple ; à droite, une selle classique à arçon. Illustration comparative des deux conceptions.
Les selles sans arçon suscitent un intérêt croissant chez les cavaliers, que ce soit pour leur légèreté, leur souplesse ou la sensation de proximité avec le cheval. Souvent opposées aux selles classiques, elles proposent une approche différente de la monte et de la répartition des pressions. Pour bien les utiliser, il est essentiel de comprendre leur conception, leur mode d’action et les situations dans lesquelles elles sont adaptées… ou non.
1. Qu’est-ce qu’une selle sans arçon ?
Dans une selle classique, l’arçon — structure rigide en bois, métal ou matériaux composites — assure la répartition des charges et la stabilité.
Une selle sans arçon, au contraire :
- ne possède aucune armature rigide,
- est entièrement souple et flexible,
- s’adapte aux mouvements du dos du cheval,
- offre au cavalier un contact plus direct.
Elle s’apparente davantage à un équipement intermédiaire entre la selle traditionnelle et le tapis de monte à cru.
2. Comment fonctionne une selle sans arçon ?
La répartition des pressions repose sur :
- la surface élargie du dessous de selle,
- les matériaux amortissants (mousses, gel, latex, feutre…),
- l’effet de pont limité, car l’absence d’arçon supprime les zones trop rigides,
- la possibilité pour la selle de suivre le mouvement du dos (extension, flexion, incurvation).
La souplesse de l’ensemble permet une adaptation dynamique, mais implique aussi une vigilance accrue quant à la stabilité et à l’assiette.
3. Les avantages des selles sans arçon
3.1 Un meilleur ressenti du mouvement
Le cavalier perçoit plus directement l’allure, les déplacements latéraux et la souplesse du dos.
3.2 Grande liberté pour le cheval
Sans structure rigide, le cheval bénéficie de :
- moins de points de pression localisés,
- davantage de mobilité du garrot et du dos,
- une liberté accrue dans les épaules.
3.3 Un poids réduit
Idéales pour les cavaliers recherchant :
- légèreté,
- facilité de manipulation,
- confort en randonnée ou à pied.
3.4 Une adaptation à une large variété de chevaux
Elles conviennent parfois mieux aux chevaux :
- avec un dos difficile à habiller,
- très ronds ou très musclés,
- en transition musculaire.
3.5 Accessibilité et entretien simplifié
Matériaux faciles à nettoyer, séchage rapide, coût parfois inférieur à une selle classique.
4. Les limites et précautions d’usage
4.1 Répartition des pressions parfois insuffisante
Sans arçon pour porter et répartir le poids, la pression peut :
- se concentrer sous les ischions du cavalier,
- devenir inconfortable pour certains chevaux,
- poser problème sur de longues séances ou avec des cavaliers lourds.
4.2 Moins de stabilité
Risque :
- de glissement latéral,
- de rotation,
- de difficulté à fixer la jambe.
Cela demande un cavalier déjà équilibré.
4.3 Usage limité en saut d’obstacles
Le manque de structure rigide rend :
- l’impulsion plus difficile,
- l’équilibre plus instable,
- l’encaissement des réceptions plus délicat.
Elles ne sont pas recommandées pour les sauts importants ou répétés.
4.4 Moins adaptées à certaines conformations
Les chevaux au garrot très marqué ou aux dos creux peuvent manquer de soutien.
4.5 Nécessitent un bon tapis
Un tapis technique, souvent épais et amortissant, est indispensable pour compenser l’absence d’arçon.
5. Dans quelles situations choisir une selle sans arçon ?
Elles sont particulièrement adaptées :
- à la balade et la randonnée,
- au travail à pied monté,
- au dressage léger,
- aux chevaux en rééducation ou en reprise musculaire,
- aux cavaliers recherchant une monte très proche du dos.
À éviter si :
- le cavalier manque d’équilibre,
- le cheval a des maux de dos chroniques,
- l’objectif est le saut ou un travail intensif.
Conclusion
La selle sans arçon offre une expérience de monte différente, privilégiant la souplesse, la proximité et la liberté de mouvement. Elle n’est pas un remplacement universel de la selle classique, mais un outil précieux dans certains contextes, pour certains chevaux et certains cavaliers.